
Comme un Blog, réflexions autour de mon métier...
1-L'Art-Thérapie: une voie de développement personnel
2-L'Autisme expliqué aux non autistes, des infos pratiques pour bien s'y prendre
3-Mon bol tibétain: à l'écoute de votre monde intérieur
4-Souvenir d'une première séance de groupe
5-Il était une fois ... ma Femme
6-La perte gémellaire, un mal-être insaisissable aussi courant que méconnu
7-Coup de gueule: quand la prudence est partout, le courage est nulle part !
8-Donner la parole aux Morts
9-Ma sensibilité d'Aspi est un Super-pouvoir !
10-L'intuition: une faculté aussi précieuse que malmenée
11-Vivez votre folie douce ; elle prévient la folie dure !
12-Faire la paix avec soi-même, mode d'emploi.
13-Plus l'I.A. connait l'Etre humain, moins l'Etre humain connait l'I.A.
1-L'Art-Thérapie: une voie de développement personnel
« Ce n’est pas en regardant la lumière qu’on devient lumineux. Mais en plongeant dans son obscurité ! » disait Carl Gustav Yung. Plonger pour prendre la mesure de ses ombres, de ce qu'on ne veut pas regarder et ainsi mieux se connaitre. Dans une société pathogène, il est courant d’arriver à 40 ou 50 ans avec l’évidence soudaine ou progressive de s’être perdu, de s’être sacrifié par obligations professionnelles ou familiales. Un beau jour, l’entreprise, le conjoint ou l'ado ingrat manque de reconnaissance et la course au contrôle de tout ne fonctionne plus, n’améliore plus votre qualité de vie mais la détériore au contraire. Souvent, le corps tire la sonnette d’alarme en somatisant çà ou là avec une petite tumeur bien placée ou une dépression nerveuse bien sonnée. Le « bon élève » de la matrice réalise alors qu’il a été un piètre serviteur de lui-même. Et la prise de conscience -vertigineuse- survient: "comment en suis-je arrivé là ?!" Les simples temps pour soi comme une journée à la plage ne suffisent pas, ne suffisent plus. Stop! Une sorte de gestation naturelle est maintenant à l’œuvre, le déni de grossesse n’est plus tenable, c’est physique, ça doit sortir !
Comme vous le savez, la majorité de nos pensées sont improductives, ce sont de vains assemblages de sujets-verbes-compléments qui tournent en rond dans la tête comme un hamster dans sa cage et jours après jours vident les batteries. Avec l’expérience de l’âge, notre tête sait parfaitement mentir c'est à dire produire les paroles pour convenir. Convenir aux autres d’abord et à soi-même ensuite pour servir un « faux-self » dévitalisant. C’est ici que l’Art-Thérapie peut faire merveille tant les paroles et les pensées vont être mises à l'écart. La sensorialité des mains et l’objectivité de la matière offrent alors un fonctionnement alternatif, une nouvelle voie qui va permettre de retrouver le chemin perdu de son individuation. C’est à dire de tout ce qui fait votre singularité et par conséquent de tout ce qui compte pour vous, de tout ce qui donne sens à votre vie. Cela ressemble d’abord à une régression où l’enfant intérieur va pouvoir reprendre place pour s’exprimer par le jeu. (Dans une vie d’adulte responsable, les occasions de jeu sans enjeu sont rares.) Quand la création artistique est accompagnée, un véritable voyage en soi-même se vit. Chers lecteurs, préparez-vous à d'heureuses surprises. Une créatrice ou un créateur sauvage va probablement surgir. Avec simplicité, force et évidence. Rendre place pour rendre grâce. Chut, silence, un ange passe...
Le genre humain comprend 5 archétypes : le Bâtisseur, le Sage, le Guerrier, l'Artiste et l’Inconnu. Et au sein même de chaque archétype agissent les archétypes, c'est-à-dire qu’on peut-être un artiste-sage ou un artiste-guerrier. Il n’y a pas de jugement de valeur ici mais de nature. Brune, blonde ou rousse, quelle est votre nature profonde ? Un travail de fond se réalise dans mon atelier; un travail qui va nécessiter d’y consacrer un peu de temps et d’argent. Avec un minimum de discipline et de persévérance. Ma question d’art-thérapeute alors est "par quel bout prendre le problème » ? Par où commencer, comment identifier les talents latents, les mettre en lumière et les développer ? La réponse sera différente d’une personne à une autre évidemment. Souvent, pour gagner une nouvelle vie, il va falloir quitter l'ancienne. Inévitable malaise passager, inconfort d'une séparation, crise de guérison. Mais en contrepoint, de nouvelles satisfactions vont apparaître. En forçant le trait, on pourrait dire que vivre c’est quitter. Quitter un mode de fonctionnement pour avancer avec un autre plus évolué, plus juste. Cela commence très tôt, dès le démarrage de notre vie sur terre en quittant le ventre de notre mère. Et se termine en quittant terre et corps tout court.
Notre existence trouve sa dynamique dans la rencontre des problèmes et leurs résolutions. On peut passer sa vie entière à fuir cette rencontre. Mais l’économie de l’inconfort sera plus inconfortable encore, voir fatale. La fameuse pyramide de Maslow est comme une montagne à gravir par paliers successifs. Tout en bas, nos besoins physiologiques (manger) puis, juste au dessus, nos besoins de sécurité (se loger et gagner sa vie) puis nos besoins d’appartenance (créer du lien) puis notre besoin d’estime de soi (être reconnu) et enfin notre besoin ultime d’Accomplissement. Ne vous y trompez pas : la réalisation de vos aspirations et de vos rêves n’est pas un luxe mais une nécessité, votre droit de naissance. Ce que vous avez de mieux à faire ici-bas. Et il n’y a rien d’égoïste ici car l’amélioration de la connaissance de soi n’est pas un simple bénéfice pour vous seul mais un bénéfice pour tout votre entourage. Ainsi, lorsqu'un être vit pleinement son individuation, c’est le monde tout entier qui va mieux. Par ailleurs, je ne vois pas d’opposition entre un participant avec handicap et un participant sans. Car il s’agit toujours d’avancer, de gravir la montagne. En d’autres termes, du point de vue de ladite pyramide, nous sommes tous handicapés. Et croyez-moi qu’un cadre supérieur arrivé aux deux dernières étapes peut avoir de vrais difficultés lui aussi !
En conclusion, en dehors de mes séances classiques, un nouveau stage se prépare pour répondre à ce malaise de société, à ce besoin fondamental de réussir son individuation. Pas un stage de peinture artistique-esthétique où je ferais le pédagogue ; il y en a déjà plein. Mais un stage d’Art-thérapie comme une longue séance de 7 heures avec une quinzaine d’exercices consécutifs pour plonger dans son obscurité et parvenir à sortir ses trippes, à les déposer sur la table. Un état des lieux, un choc salutaire pour un véritable service de première nécessité. Enfin et en ouverture, les japonais parlent ainsi : « L’art est la descente de l’idéal dans la matière ». Le mot descente évoque une transcendance. Autrement dit, l’art c’est de la matière spiritualisée. Corps et esprit se confondent. Corps et âme s’épousent sans conflit. Ce n’est plus un pénible duel mais un duo vivifiant. Vous voilà enfin chez vous, à la maison, en paix. Car rien n’est plus spirituel que le matériel …
2-L'Autisme expliqué aux non autistes, des infos pratiques pour bien s'y prendre
Malentendus : l’autisme n’est pas : Un ensemble de comportements psychologiques mais une condition physique, une architecture neuronale. L’autisme n’est pas un problème développemental mais une spécificité cérébrale dont les effets sont développementaux. L’autisme n’est pas un trouble affectif mais perceptif. Et le mot « trouble » n’est pas vraiment juste ici. Une « spécificité de perception et donc de réaction » sonnerait mieux. L’autiste n’est pas « dans sa bulle » mais « coincé » entre son cerveau autistique et un monde contraire à son fonctionnement. Un monde qu’il ne peut comprendre et qui ne peut le comprendre. L’incompréhension sévit dans les deux sens. L’autisme n’a rien à voir avec l’intelligence. Classiquement, le syndrome d’Asperger masque l’autisme. Parce que consciemment ou inconsciemment, l’autiste doué camoufle sa nature jusqu’à s’auto-maltraiter. Pour le neurotypique, l’autisme qui ne se voit pas n’existe pas (…)
Deux citations d’autistes célèbres : Marie Curie : « Il n’y a rien à craindre dans la vie, seulement des choses à comprendre ». Albert Einstein : « La pure théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pure pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. La diversité neuronale c’est quand rien ne fonctionne et que personne ne sait pourquoi ! »
L’autisme est : En une phrase résumé :Une condition existentielle qui ne sait pas qu’elle ne sait pas. Une solitude profonde et une immuabilité profonde. En termes imagés, « un joueur de foot qui ne peut pas faire la passe ». Ou encore « une erreur de planète » obligeant à vivre dans « un monde dont on est l’étranger ». Un autiste est un penseur visuel. L'Art-Thérapie lui est particulièrement indiqué. En continuel état d’urgence, le visuel compense mieux le fonctionnement « incorrect » des autres sens. Tout entre d’abord par les yeux, y compris le toucher, le son et le goût. L’autiste ne peut tenir compte de ce qui ne se voit pas. On aide un autiste en DIMINUANT les stimuli, en RALENTISSANT et en MONTRANT. Un autiste possède non pas un cerveau SOCIAL mais un cerveau PERCEPTIF. Lire l’état mental de l’autre lui est difficile. Un autiste est un -aveugle social-. Les difficultés d’interactions avec les autres ne sont pas une cause de l’autisme mais une conséquence. Les interactions sociales ne proviennent pas de l’intelligence ou de la gentillesse mais de « L’EFFET MIROIR ». C'est-à-dire de la vibration identique, de la syntonie. « Je me reconnais en toi et c’est pour cela qu’on s’entend ». Cet « effet miroir » ne fonctionne pas bien avec l’autiste. Ce qui est souvent très lourd de conséquences. Ce qui en fait souvent « une intelligence qui ne sert à rien ». Ca ferme des portes. Les femmes autistes sont des proies pour prédateurs sexuels. Un autiste est -focus- avant d’être -global-. Autrement dit, l’arbre passe avant la forêt. Le non-social et les détails ont priorité parce que plus facile à traiter tout simplement. En entrant dans une nouvelle pièce par exemple, l’autiste perçoit immédiatement les détails du mur, du sol ou du plafond. Mais pas l’humeur des gens qui s’y trouvent. Pris isolément L’AUTISTE EST PARFAITEMENT COHERENT mais une cohérence singulière, décalée, difficile à partager. Pris en groupe, l’autiste est un funambule occupé à maintenir son son équilibre interne dans un monde déséquilibrant. Les neurotypiques décrivent l’autisme à partir de « problèmes » en comparaison avec leur fonctionnement considéré comme « norme » et donc induit comme « supérieur ». Alors que les autistes décrivent l’autisme comme un fonctionnement logique, le leur. La conscience de soi est un édifice laborieux. L’autiste n’apprend pas par IMITATION mais par INFORMATION. Il n’est pas coupé de la réalité mais du sens d’une réalité insaisissable. Selon la chercheuse Nancy Minshew, il y a dans le cerveau autistique une étrange sur-connectivité neuronale quelque part au détriment d’une sous-connectivité quelque part ailleurs. En conséquence le traitement de l’information ne peut être fluide, rapide et continu. Cette disparité de distribution permet aux Asperger des « pics de compétences » hors du commun. Chaque autiste a son spectre et il peut y avoir incompatibilité de spectres.
Boite de vitesse manuelle contre boîte de vitesse automatique : En termes imagés de mécanique automobile, autant le cerveau neurotypique est une boite automatique, autant le cerveau autistique est une boite manuelle. Là où le premier tourne en FLUX CONTINU, le second avance par SACCADES CONTROLEES. Une efficacité de traitement de l’information moindre qui prend du temps et de l’énergie. Avec difficultés de synchronisation des différentes zones du cerveau. La simple perception de son milieu semble mobiliser toutes ses ressources. Ainsi, un autiste se fatiguera plus vite avec une anxiété plus facile. Autrement dit, le cerveau autistique n’est pas RIGIDE (psychologique) mais STATIQUE (neurologique). Si l’irrégularité des stimulis lui fait mal, la régularité lui fait du bien. Ainsi doit se comprendre les fameuses ROUTINES AUTISTIQUES. Péjoratives pour le neurotypique, les routines sont sécurisantes et intelligentes pour l’autiste qui en met en place. Car elles lui apportent du sens statique dans un monde trop dynamique pour être sensé. Le soleil qui se couche et se lève est un grand routinier (, le soleil est autiste) !
Pensées associatives contre pensées interactives : Si le cerveau autistique excelle à faire des associations en arborescence et en toutes directions, il a du mal à synthétiser ou à organiser. Une pensée neurotypique est interactive ce qui permet au cerveau dynamique de faire du NEUF. Au contraire d’une pensée autistique qui est associative ce qui permet au cerveau de faire du DEJA CONNU RASSURANT. Lorsqu’un autiste présente une déficience intellectuelle, il s’agit toujours d’un -trouble associé-. A ne pas confondre avec l’autisme en soi. La cécité sociale n’est pas une déficience intellectuelle. la classique réponse autistique « je ne sais pas » n’est pas une esquive automatique mais un embarras. Celui d’une intelligence en arborescence ne sachant pas quelle réponse donner tant de multiples réponses valables surgissent en même temps. Et il veut bien faire !
Une notion du temps fixe : Chez l’autiste, le mouvement du temps avec un commencement, un milieu et une fin n'existe pas ou peu. La notion du temps qui passe peut être quasiment absente (ce qui peut en faire des travailleurs acharnés !) Ainsi, l’autiste profond peut ressentir que lui couper les cheveux c’est … pour la vie toute entière. Sans la confiance qu’ils vont repousser. Dramatique ! La « bulle autistique » est un état neutre paradoxal où tout est ouvert mais où rien ne circule. Comme un ordinateur en veille presque sans clavier.
Une crise autistique est une crise de non-sens relationnel : Un « rééquilibrage mécanique » est en cours. Ne pas interrompre cette crise ; inconfortable pour vous comme pour lui. Ces mouvements régulateurs prennent deux formes: Le MELT DOWN ou « la crise à grand spectacle » fréquent chez les « Kanner » non-verbaux avec regard absent et capables de se cogner la tête contre les murs. Et le SHUT DOWN ou « la crise de trop-plein » fréquent chez les « Asperger » soudainement absents, hors-service. Il n’y a pas d’automutilation chez l’autiste mais des « tremblements de terre intérieurs », des réactions de survie. Car malgré les apparences, l’autiste cherche désespérément à s’adapter à son environnement et -comme tout le monde- à aimer et à être aimé.
Les émotions des autistes sont les mêmes que celles des neurotypiques : Peur, joie, tristesse ou colère sont identiques. Par-contre ce sont leurs expressions qui diffèrent et peuvent paraitre absentes, trop intenses ou déplacées. Sans surprise, les humours aussi sont différents : les neurotypiques riront des irrégularités sociales alors que les autistes riront des irrégularités de perception. (Exemple avec cette devinette: « Vous connaissez les super-héros Spiderman et Batman ? A votre avis ; où Superman va faire ses courses ? » Réponse : « au Supermarché ! » …) Si le cerveau autistique peut imiter le neurotypique, il est incapable d’imiter ses intentions. Sous-entendus, mensonges ou manipulations lui sont étrangers. La vérité est trop riche et trop complexe à traiter pour s’encombrer du mensonge. C’est physique, comme nager en marche arrière. En exagérant, un autiste est un peu le contraire d’un pervers-narcissique : UN ANGE SUR TERRE … qui n’en a pas l’air et … qui ne le fait pas exprès. Candeur.
3 exemples de bizarreries physiques classiques : La prosodie ou une façon de parler avec syntaxes ou accents répétitifs qui saoule. La proprioception ou une façon maladroite d’habiter son corps. Le tournis: sur la piste de danse ou dans la piscine, aimer tourner sur lui-même.
Les thérapies ont peu de prise sur l’autisme : Elles sont souvent mises au point et pratiquées par des neurotypiques pour des neurotypiques. Avec des projections à côté de la plaque. En termes imagés, le psy reproche au sourd … de ne pas écouter ! « Guérir l’autisme » n’est souvent que refreiner ses manifestations visibles. (L’approche canadienne SACCADE est selon moi la plus intelligente).
Hélas, la majorité a toujours raison ! Dans l’absolu, l’autisme n’est pas un handicap. Par-contre, c’est la société qui est handicapante malgré elle tant son fonctionnement est directement issu de l’architecture neuronale majoritaire. Dès son plus jeune âge la société dit à l’autiste « TU ES ICI LE MALVENU … » Imaginez une société d’aveugles. Pensez-vous que la mode vestimentaire s’intéresserait aux couleurs et aux lignes élégantes ? Non, elle ne s’intéresserait qu’au confort du vêtement et aux sensations tactiles. Hélas, seul l’autisme-spectacle intéresse le neurotypique. Typiquement, RAIN MAN qui rafle tout au casino de Las Vegas ! Mais pour que cette performance se réalise, ce qui sévit en amont comme en aval ennuie tout le monde. Souvent et inconsciemment, le non-autiste va s’agacer que l’autiste ne vienne pas à lui alors que lui-même ne va pas à l’autiste. Ainsi, il reproche à l’autre … ce qu’il lui inflige ! Statistiques de santé significatives: chances pour l’autiste d’entrer en dépression nerveuse ou de se suicider: x 6 ! Trois exemples d’inventions typiquement autistiques : les Pokémons / l’ordinateur / E=MC2. En résumé ou en conclusion : « T’as un problème ?! … »
3-Mon bol tibétain: à l'écoute de votre monde intérieur
D’origine chamanique, l’objet a plus de 2800 ans ! En effet, les premiers vestiges de bols apparaissent en Asie avant Bouddha. Connu pour émettre des ondes qui traversent le corps tout entier en faisant vibrer l’eau qui le constitue, le son de cet étrange objet oblige doucement ventre et cerveau à se relâcher. Ce n’est pas un instrument de musique comme une cymbale car ses harmoniques sont innombrables. Outres ses fonctions mystiques traditionnelles, la médecine occidentale contemporaine explique scientifiquement son action ainsi : notre cerveau fonctionne à une fréquence moyenne de 40 hertz. Mais pour se rafraichir quelques secondes toutes les minutes descend à quelque 13 hertz. Ce qui est la fréquence moyenne d’un bol tibétain, les fameuses -ondes Alpha- que l’on retrouve également dans le ronronnement du chat.
Le bol tibétain est ainsi une sorte de « liquide de refroidissement pour moteur en surchauffe ». En atelier d’Art-thérapie, il est un de mes outils-amis. Il apaise autant le participant que l’ambiance de l’atelier. Je choisis ici de ne pas parler des 7 chakras et des 7 métaux qui le composent. Celui que j’utilise provient du Népal et a été fabriqué il y a une cinquantaine d’année avec diamètre de 36cm pour un poids de 4.7kg. Je l’ai longuement choisi selon ma propre vibration et pour son effet de contrebasse extrêmement vibrante. En pleine création, il participe de mon savoir-être-faire. Merci beau bol !
4-Souvenir d'une première séance de groupe
Ce fut un groupe de 5 participants venus d’un autre pays : l’Autistan. (Le nom de participant me semble préférable à celui de patients ou de clients.) La personne qui les suit depuis plus d’un an avait prit soin de me joindre au préalable par téléphone pour me les présenter un par un. J’avais préféré ne pas prendre de notes autres que leurs prénoms pour me familiariser avec eux, les mémoriser sans autres influences de perception. Je m’étais préparé mentalement en les visualisant entrer « chez moi » chacun à sa façon et en demandant au Ciel de m’aider à trouver les gestes justes pour chacun le jour J. Nous y voilà. En covoiturage, ils arrivent avec 40 minutes de retard. Probablement le temps nécessaire pour rassembler les différents spectres. A l’appui de ma préparation, je n’ai ni agacement du retard ni appréhension. Mon contact est direct, confiant, enjoué. De 18 à 32 ans, les différences d’âge apparaissent peu. Et c’est parti: les jeux-exercices de mise en jambes s’enchainent dans la bonne humeur. 5 bons joueurs appliqués. L’un d’entre eux ne peint ni ne dessine ; ses travaux s’apparentent à de l’écriture comme s’il n’avait pas accès à sa mise en forme par l'image. Pour dessiner des yeux, il fait deux croix, pour dessiner un nez et une bouche, deux autre croix. Et au niveau du cœur non visible, une cinquième croix … L’un d’entre eux me fait l’effet d’un valeureux sénior comme s’il était mon ainé habité par un présent éternel intimidant. Tous me touchent à leurs manières et je m'applique par mes réactions à les valoriser sans condition.
L’intellect ici ne sert à rien. On est dans l’énergétique. Il n’y a rien à analyser et mon expérience de masseur est assurément un atout. Puis-je être leur chevalier-serviteur sans peur et sans reproche, d’un autre âge et d’un autre monde. Leurs autismes plus « hard » que le mien m’oblige. Au risque de passer pour fou, je me sens inférieur à eux dans le sens où leurs âmes ont choisi un programme plus courageux que le mien. Ne cherchez pas à comprendre, il s’agit ici d’un feeling d’autiste à autiste (...) A l’occasion du premier jeu-exercice d’introspection « X » va réaliser un premier chef d’œuvre : sa silhouette grandeur nature comme une ombre portée monochrome. Avec des coups d’éponges et de pinceaux violemment très bien senties. Impression d’assister à la réalisation d’une toile du grand peintre Bacon. Aussi spontanée que puissante. De l’Art extra-brut ; émotion. Je renonce à décrire ou analyser l'oeuvre d’avantage. « Y » de son côté va réaliser un second petit chef d’œuvre : un autoportrait à la manière d’un masque africain. Impression d’être face à face avec un extra-terrestre-insectiforme. Néologisme pertinent ici. Un magnifique crayonné noir et brun digne d’une œuvre du grand dessinateur Henry Moore. Egalement aussi spontané que puissant. Emotion à nouveau. Me voilà émerveillé de ce qui se produit ici, les yeux brillants de larmes muettes. Que dire lorsque la création plastique est aussi expressive ? La parole ne fait pas le poids. Alors j’écris des mots comme ingénuité, force originelle ou drame existentiel. Palpable dans la pièce, un haut niveau de conscience est à l’œuvre. Mon atelier comme une petite chapelle Sixtine habitée par de petits géni en herbe.
De toute évidence à ce moment précis, ils ne sont pas handicapés. Par contre, à l’extérieur, c'est la société qui reste handicapante (…) En fin de séance, chacun est invité à parler seul de ce qu’il veut comme ça vient. « X » se lance dans une explication très affirmée, presque une tirade théâtrale. Le voilà qui décrit distinctement sa personne et sa réalisation comme s’il était devenu un autre, en état de concentration et d'expansion tout à la fois. Silence, un ange passe. Son accompagnateur ne le reconnait pas et je le cite « jamais je n’ai entendu X parler aussi clairement sans esquive ! ». En fin de séance est proposée la réalisation d’une photo-souvenir comme une photo de classe. Chacun y va de son autodérision ou de son appréciation plus ou moins partagée avant que les embrassades des uns envers les autres s’enchainent naturellement. Chaleur fraternelle généreuse. Au moment du départ devant leurs voitures, je suis épuisé, presqu’en shut-down. Pas l’énergie de ranger l’atelier. C’était « too much » tout simplement. Trop grave, trop simple, trop joyeux, trop émouvant. La nuit et les jours suivants, X,Y,Z,V et W reviendront tour à tour dans ma mémoire me rendre visite avec leurs œuvres respectives. Ou leurs oeuvres me rendre visite avec eux. Merci les amis ; à bientôt ! Sentiment d’être alors au seuil d’une belle mission de vie...
5-Il était une fois ... ma Femme
Une personne extraordinaire épousée il y a 28 ans et qui m'a donné 3 enfant. Un être sans qui mes multiples projets n'auraient jamais pu voir le jour. Elle s'appelle Delphine, mon "ticket gagnant" du Loto. C'est souvent moi Luc qu'on voit sur scène mais c'est elle Delphine, la psychologue de profession qu'il faudrait applaudir. Avec autant de tête que de coeur, cette grande dame m'écoute, me conseille et m'engueule aussi. Mais me rapporte un petit cadeau de retours de ses sorties solitaires. Ton humour minimal et positif me foudroie. Tu captes tout. J'admire ta patience et ton courage à tout mener de front: maison, enfants, travail ou taches administratives. Sentiment de ne pas être à ta hauteur. Dans la rue les gens viennent à toi spontanément demander l'heure ou leur chemin. Ce n'est pas le fait du hasard et cela m'émerveille.
Honneur au média LA PAROLE. Tant le titre de ton dernier livre de psycho m'émeut: "Imaginer des histoires qui guérissent". Bravo à ton savant emploi du verbe ; j'y vois du Yin comme dans ma peinture je ressens du Yang. Puisse ma solitude s'incliner devant la tienne encore longtemps. Et de conclure: un couple est toujours un mystère ...
6-La perte gémellaire, un mal-être insaisissable aussi courant que méconnu
Seul 1% des grossesses gémellaires aboutissent à la naissance de jumeaux vivants. La perte d'un embryon durant les premières semaines ou les deux premiers mois d'une gestation est un phénomène courant. Ainsi, pour des milliers de personnes, -10 à 15% de l’humanité-, se trouve ici l’origine méconnue d’un mal-être insaisissable avec sentiments d’éternelle solitude, de nostalgie et de culpabilité… En l’état des connaissances actuelles, le décès de l'embryon le plus faible répondrait à un programme de survie naturelle. Sachant que l’amour d’un jumeau pour son frère ou sa sœur est plus fort que l’amour pour sa mère, nous allons dans ce texte prendre la mesure de ce drame originel. Rappel: les fécondations in vitro, en séparant le temps de la fécondation de celui de la nidation, ont prouvé que la date de naissance d’un être humain n’est pas la date de l’accouchement mais la date, la minute, la seconde de la fécondation. En effet, si les 3 embryons fécondés et placés en réfrigération ne sont pas implantés dans l’ordre chronologique de l’insémination, de lourdes complications apparaissent plus tard dans la fratrie tel un désordre biologique inconcevable. L’ainé n’est pas celui qui devait l’être et c’est toute la famille qui en pâti. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il est fort probable que l’embryon perçoive et se souvienne de tout avant même la formation des neurones qui apparaissent entre le 16éme et le 19ème jour. Trois voies permettent à l'embryon mort de s’éliminer incognito avec le plus souvent un mixte des trois: saignement de la mère, dissolution dans le placenta et dissolution… dans le jumeau survivant ; les cellules vivantes récupérant les cellules mortes. Ainsi, le jumeau né seul possède dans son corps les matériaux cellulaires d'un mort et les gardera toute sa vie. Oui, vous avez bien lu, c’est l'horreur, c'est du Stephen King ! (Personnellement, je suis convaincu que mon autisme à moi vient de là...)
Insupportable psychodrame dans l’utérus. Dès les premiers instants de la conception, les perceptions individuelles s’inscrivent dans les cellules. L’être en devenir enregistre tout ce qui se passe autour de lui. L’embryon entend battre le cœur de son frère à l’unisson de celui de sa mère. Puis un jour, l’autre cesse de grandir avec lui. Un énorme choc survient dans l'utérus. Alors, un cortège de réactions psychologiques humaines apparait avec 1) La culpabilité parce qu’on a eu plus de chance que l’autre. 2) La culpabilité parce qu’on a pris la place de l’autre ; peut-être causé sa mort. 3) La culpabilité parce qu’on n’a pas réussi à secourir l’autre. 4) Le désir de mort pour rejoindre l’autre peut s'activer. 5) L’incapacité à faire preuve de force ou l’indisposition à s’affirmer peut sévir. 6) Un vide immense subsiste avec une joie de vivre compromise ou encore une vie amoureuse difficile par simple terreur de l’attachement. Sentiment que tout est vain. Sachant qu’une personne qui ne se sent pas comprise depuis longtemps finit par penser que quelque chose en elle ne tourne pas rond, le jumeau né seul se retire doucement de la vie en société, préférant à jamais être « hors jeux ».
Lorsque la mémoire du corps consulte la mémoire du champ. Après 30 ans d’expériences thérapeutiques tous azimuts, mon inconscient consent doucement à lâcher ses défenses de toujours. Je témoigne ici qu'en janvier 2020 un séminaire sur l'approche thérapeutique HARMONISATION GLOBALE s'organise dans les murs du MAS TURQUOISE. La talentueuse thérapeute Claire Bouyssoux y interroge pour le principe et pour l'exemple ma place dans la fratrie Hautbout. Je n'ai qu'une soeur cadette. Son test de résistance musculaire montre sans ambigüité possible que je ne suis pas l’ainé de la famille mais le second. A l’instant de cette révélation inattendue, je m’effondre littéralement sur le sol ! Aux secours ; un enfant illégitime dans ma famille ?! Mais non, le souvenir d’un grand frère disparu entre soudainement en moi avec une telle force et une telle évidence que me voilà qui hurle en sanglots. L'abyssse remonte à la surface. En professionnelle expérimentée, Claire comprend tout de suite ce qui est en train de se passer dans la salle. Et sans tarder, m'aide à me relever pour désigner dans le groupe des 9 personnes présentes un représentant de ce grand frère. C’est vite choisi car le seul homme dans la salle est Joris, la trentaine rayonnante. On entre alors en constellation familiale improvisée pour interroger une mémoire hors du corps appelée ici "la mémoire du champ". Tandis que je suis encore sous le coup de l'effondrement au sol, un soulagement apparait, celui de ne plus être l’ainé mais le second ; une grande expiration accompagne ce sentiment d’avoir enfin retrouvé ma vraie place. Claire place ensuite une écharpe au sol pour démarquer l’espace de vie d’un côté et l’espace de mort de l’autre. Elle m’invite à entrer dans la mort pour me rapprocher de Joris et me demande de le regarder continuellement dans les yeux sans jamais le lâcher du regard. C'est pénible pour moi tant mon grand frère m’intimide et me fascine. En contrepoint, me retrouver dans la mort à ses côtes me plait beaucoup, j’y suis bien, vraiment bien. Et pour preuve, mon corps se redresse. Puis, après un long échange silencieux en face à face, il bouge un bras, je bouge un bras à l'identique. Puis une mains, puis un pieds en miroir l'un de l'autre comme deux amoureux. Mais brusquement, Joris me pousse de l’autre côté de l’écharpe. Projeté malgré moi dans la vie, je ne comprends absolument pas ce qui se passe. L’harmonie est rompue ; c’est lui seul qui en a décidé ainsi et son geste sans appel m’affole! Déconcerté, je ne peux rien faire d’autre qu’obéir et subir. Alors, un air neuf entre dans mes poumons qui redresse mon corps un peu plus encore. Bouleversé d’émotion, me voilà épuisé. En thérapeute expérimentée, Claire met un terme à la scène en demandant au groupe de s’abstenir de tout commentaires et de toutes questions. De s'abstenir pour laisser l’onde de choc poursuivre son évolution sans entrave. Silence dans la salle et pause-pipi pour tout le monde. C’est l’hivers ; bouillant d'émotion, l'envie me vient subitement d'enfiler un maillot de bain pour sortir dans le jardin m’immerger dans ma fontaine d’eau gelée. Silence aquatique...
Le risque d'une interprétation « à côté de la plaque » ! Souvent, les thérapeutes qui ignorent ce syndrome s’égarent dans de vaines analyses de relations parentales. Ignorants, ils agissent dans le verbal alors que la problématique est préverbale. Si l’existence est une partition de musique, la -clef- de notre partition ici est un choc originel, avant même que la vie hors utérus entre en scène. Ainsi, le désir courant d’acheter un t-shirt en double exemplaires n’est pas « une peur du manque » mais « un désir d’unification » ! Voilà l'exemple typique d'une interprétation "à côté de la plaque". Vous aurez compris que le jumeau né seul est un être démuni qui encaisse blessures après blessures avec un psychodrame qui se perpétue. A la lecture du livre LE SYNDROME DU JUMEAU PERDU d’Alfred et Bettina Austermann, je découvre stupéfait les caractéristiques de ma petite vie de toujours en pleurant toutes les 3 pages. Il m’aura fallu 30 ans de tâtonnements thérapeutiques pour tomber sur cet ouvrage-testament avec, en termes imagés, des « lunettes correspondant enfin à ma vue ». Confession ici: mon père s’appelle DENIS et ma mère qui commettait souvent le lapsus de m’appeler par le prénom de son mari m’agaçait prodigieusement. Lapsus ou langage des oiseaux, je comprends enfin cette fâcheuse dénomination: des nids ; il y en avait deux ! Pour décrire d’avantage mon syndrome, la lecture du livre m’aide à reconnaitre 1) Une faible estime de moi. 2) Une apathie de toujours comme une passivité sans cause apparente. 3) L’acceptation fataliste des talents ou des compétences manquantes. (Explication: comme une loi naturelle, les jumeaux se répartissent talents et compétences. Lorsque l’un est bon en math, l’autre est bon en français. Devenir bon dans les deux matières, c’est faire intrusion irrespectueuse de la sphère de l’autre. Ainsi, le jumeau survivant est une sorte d’handicapé mental amputé d’une part de lui-même. Et qui, respect oblige, tient à le rester "handicapé" ! Avec un dégout pour la compétition ou l’un gagne au détriment de l’autre qui perd. Avec, en cas de transaction, un ressenti excessif de ce qui est pris à l’autre.) 4) Avec un désir de contact peau à peau pour le sentiment de sécurité qu’il apporte. 5) Avec une fascination pour la mort douce, apaisante et constitutive de la vie. Enfin, le livre explique que les jumeaux survivants sont des âmes miroirs qui -lorsqu’elles arrivent à se mettre en forme- offrent un écran pour toutes les âmes se projeter. Un partage métaphysique universel agit. Citons ici quelques Pop-Stars dont l’œuvre et la biographie trahissent le syndrome du jumeau perdu : Elvis Presley, Mickael Jackson, Georges Moustaki, Léonard Cohen…
Comment l’Art-thérapie peut soigner le mal-être du jumeau né seul ? Le plus simplement du monde: en le décelant d’abord et en l’honorant ensuite. Sans surprise, le média Art est plus indiqué pour le préverbal que le média Parole. Pour information, les constellations familiales montrent que la scène originelle du jumeau qui meurt est toujours la même : celui qui s’apprête à partir ne souffre pas de ce départ. Il est bienveillant envers le survivant et lui demande d’aller bien. Jamais il ne lui en veut. Eventuellement, il peut se fâcher si le survivant refuse la vie qu’il lui offre. Ainsi, pour le survivant, il n’y a pas d’autre moyen que d’accepter pleinement la terrible séparation. Pour soigner correctement ce trauma, la perte doit être pleinement ressentie dans le corps et dans l'âme du sujet. L’abandon et la souffrance doivent prendre totalement place dans son cœur un certain temps. Il n’y a pas d’autre choix que de revivre le psychodrame pas à pas. Car guérir, s’est vivre -avec- le traumatisme conscient, compris et accepté. C’est un travail qui s’inscrit dans le temps. Création d’images, coussins, peluches ou figurines seront ici des supports physiques bien utiles. Pour que cesse la culpabilité du survivant, les questions types à poser seront : « Imagine un autre embryon que toi dans cette situation. Aurait-il pu faire mieux ? ». « Comment se sentirait ton jumeau disparu si tu ne jouis pas pleinement de la vie qu’il t’a offert ? ». « Que penses-tu qu’il te souhaite maintenant ? ». Pour vivre ces questions essentielles, un représentant du jumeau disparu ou un dessin doit être fourni avec un face à face soutenu pour que les anciennes images engrammées en mémoire profonde aient le temps de s’effacer. Bien amanée, l’ensemble de ces paroles et images auront un effet guérisseur à long terme dans le corps et l’âme du survivant. En toute logique, une vie plus légère et plus heureuse pourra alors se manifester. La découverte et la pleine intégration du jumeau perdu réouvre le cœur. Comme art-thérapeute, j’avoue ne pas avoir encore rencontré cette blessure avec évidence. Mais pense que cela se présentera un jour. Puisse ce texte prouver que je suis prêt !
7-Coup de gueule: quand la prudence est partout, le courage est nulle part !
Le déploiement de normes dans notre société prouve un besoin maladif de sécurité. Trahissant une insécurité intérieure portée par la croyance que la technologie va nous sauver. Des normes envahissantes comme une assurance-vie contre nature. Ces normes, elles m'emmerdent et je les combats ! Ainsi, les pieds dans le plat, je rappelle une évidence en voie de disparition: "vivre c'est risqué !" Point. Vouloir éliminer la notion de risque c’est vouloir éliminer la vie. Dans ce désir irréaliste d'enfant gâté, je ressens une paresse à retrousser ses manches. Il n'y a pas d'imprudence de ma part ici mais de la conscience tout simplement. En massage, mes clients en détresse me dressaient parfois un terrible état de leur santé, de quoi fuir en courant. Eh bien non; je les écoutais et y allais. En termes médicaux, je ne maitrisais pas grand-chose évidemment mais qu’importe, mes intentions et ma confiance en moi comme en eux étaient là telle une arme. Qui me suffisait à l'époque et qui me suffit aujourd'hui à ne pas avoir peur. La quête-tendance de vouloir tout contrôler est une illusion. Une illusion qui trahit la peur de vivre. Car dans les profondeurs, on ne contrôle rien. Ainsi, l’important n’est pas la prévoyance des causes et leurs conséquences possibles mais l’attitude. Autrement dit, la connaissance de soi et la confiance en soi. Ou encore la connexion à la terre et au ciel. Car on n'est jamais complètement seul.
Ainsi, le corps de mon client massé, habité de métastases par exemple, ne me faisait pas peur. Je commençais par l'aimer. L'aimer pour prendre sa réalité à pleines mains, de cœur à cœur. Sans peur et sans reproche. Comme masseur ou comme art-thérapeute, j'avance en faisant de mon mieux. Ni plus ni moins. J'agis avec foi tel un chevalier au service de plus grand que lui, au service du royaume. Ne vous y trompez pas cher lecteur, la prudence est souvent, insidieusement un solvant du courage. Et je sais bien qu’un jour ou l’autre dans mon atelier va surgir un véritable monstre. Mais je n’en aurai pas peur. Je l'ai même déjà visualisé avec une sorte de conviction qu’il ne fera pas le poids. Le bras de fer avec mes exercices thérapeutiques aura lieu. C'est OK. Et le monstre sera mis KO. Enfin, je conclus cet article comme il a commencé. Une conviction: quand la prudence est partout, le courage est nulle part !
8-Donner la parole aux Morts
Voici l'histoire d'une misère ordinaire, d'un bête conflit de génération entre moi Luc et mon père Denis. N’y voyez rien d’impudique cher lecteur tant cette misère est classique et didactique ici. C'est aussi le récit d'une névrose de classes sociales entre une ferme et un château. Ordinaire et bête, cette histoire est pourtant merveilleuse car elle met en évidence la force du transgénérationnel auquel personne n’échappe.
Nous sommes à Lyon, en aout 2008, de 9h à 19h. Sur les conseils d'une première psychologue, je pars en rencontrer une autre, Madame Evelyne Picoli pour réaliser ce qui s'appelle « une constellation familiale » façon Bert Hellinger. C'est-à-dire une thérapie de groupe qui consiste à faire parler l'inconscient mais aussi les âmes et les énergies. Autant dire faire parler les morts ! Sans surprise, la pratique est controversée mais je connais la personne qui me la conseille et lui fais confiance. Je n'ai pas la moindre attirance pour l'ésotérisme et les boules de cristal mais il se trouve que ma galerie d'art de l’Isle sur Sorgue est alors un véritable « observatoire des comportements irrationnels humains ». Et qu'à moins d'être dépourvu de sens critique, on finit par se poser des questions comme celles-ci: « Le réel se réduit-il à ce que l'on perçoit ? » La personne et la découverte de Bert Hellinger est largement décrite -et décriée- sur internet. En deux mots, ce fut un prêtre missionnaire-humanitaire en Afrique du sud chez les Zoulous. Et c'est en observant les rites animistes de cette ethnie qu'il a choisi de quitter prêtrise pour prendre femme et reprendre des études de psycho. Fort de son vécu, il mit au point une nouvelle approche thérapeutique occidentale directement issue des peuples premiers: la méthode des constellations (...)
Reality-show: Nous sommes une quinzaine dans la salle. Il y aura 7 constellations de 7 personnes différentes dans la journée durant chacune de 40 à 70 minutes. Je passe en 3ème, avant le déjeuner. Au moment d'expliquer brièvement l'objet de mes difficultés au groupe (la création artistique, la vente, le regard des autres...), je perds toute mémoire de ce que je voulais dire et bafouille un nœud de faits mal articulées qui ne font qu'exprimer mon mal-être de toujours. La thérapeute qui a pris soin de me faire remplir un copieux dossier d'informations me connait. Elle me calme et m'invite sans plus tarder à choisir dans la salle les représentants de ce malaise: moi ex-agriculteur, mon père agriculteur, mon grand-père paternel agriculteur et mon arrière-grand-père paternel illégitime, châtelain. Nous y voilà. Je les place l'un derrière l'autre en file indienne dans le sens généalogique. Les représentants sont invités à décrire leurs sensations sans rien interpréter. Il s'agit de s'interdire toute analyse. Au contraire de l’approche du divan freudien, on n'est pas dans le cérébrale mais dans le physique et les faits matériels « à l’africaine ». Au bout de quelques minutes comme chez les Zoulous, « les esprits » se manifestent: Le fils Luc se sent « gêné et empêché de faire ». Le père Denis se sent « gêné et empêché de communiquer » avec son fils comme avec son propre père, Bernard. Le grand père Bernard se sent « attiré » en arrière, vers son propre père c'est à dire l’arrière-grand-père de Luc. Il se retient pour garder l’équilibre. Cet arrière-grand-père méconnu qu'on appelle le châtelain se sent lui « attiré » vertigineusement en avant, vers son fils Bernard. Chacun s'efforce de conserver l'équilibre pour ne pas tomber sur l’autre. Mais personne ne bouge réellement, personne ne peut bouger et chacun le dit à sa manière. Blocages tout azimuts. La thérapeute m'invite alors à choisir un représentant de mon arrière-grand-mère paternelle. Cette arrière-grand-mère, Maria Pruvost dénommée « la bonne du châtelain » est placée à coté du châtelain. Elle se sent tout de suite « attirée » vers lui mais « empêchée » d'y aller elle aussi. Une seule issue: prendre de l'indépendance et de la hauteur: Sa représentante hausse la tête et le regard pour n'avoir personne dans son champ visuel. Mais personne ne peut toujours bouger, chacun reste en file indienne à se juger en chien de faïence. Tensions partagées sans issue apparente. La thérapeute trouve ensuite une idée : elle m'invite à choisir un représentant de la femme légitime du châtelain. La personne que je choisis pour la représenter entre dans le cercle. Elle a tout de suite mal au ventre et se sent affligée d'une tristesse sans fond. Les douleurs s'intensifient vite. Au point qu'elle se tord dans tous les sens et se met à pleurer à gros sanglots. Tout s’accélère : la voilà maintenant qui hurle de douleurs dans la salle comme si elle était possédée. Le groupe est déconcerté. La thérapeute émet l'hypothèse d'une grossesse et choisit seule un représentant de son possible enfant. Une représentante de l'enfant entre en scène à son tours. Et à l'approche de sa mère en larme, s'effondre brutalement sur la moquette. La salle est terrifiée, chacun se cramponne à sa chaise. On ne rêve pas ; quelque chose de magique est là, palpable et irréfutable ! Allongée de tout son poids sur la moquette, la représentante de l’enfant n'a pas la force de se relever et dit « se sentir morte ». La châtelaine, inconsolable se vide de larmes et hurle sa colère dans la salle comme en transe. Maria se sent relativement « heureuse ou vengée », comme une justice faite. Cette mort apparaît donc comme postérieure à la naissance de mon grand-père Bernard. Le châtelain est gêné envers tout le monde. Extrêmement gêné et extrêmement triste, il reporte toute son attention, sa raison de vivre sur son fils illégitime. Bernard se sent « furieux » et « fort comme Superman ». Les choses commencent enfin à bouger pour tout le monde. Chaque représentant se tourne tour à tour vers l'enfant mort, ému de ce qui vient de se passer. Une nouvelle prise de conscience relativise le malaise de chacun y compris celui de Maria. La thérapeute invite alors chaque représentant à regarder l'autre dans les yeux et à trouver, tour à tour, une parole bienveillante à lui dire. Chaque représentant s'efforce de trouver ses mots propres. Lentement, chacun commence à accepter sa place et à comprendre celle de l'autre. Cela prend tout de même une dizaine de minutes. Chagrin et fatigue partagé pour tout le monde. La thérapeute me demande enfin d'entrer dans le champ au centre de la pièce pour en faire de même. J'ai du mal à tenir debout sur mes jambes et mes yeux sont trop noyés pour voir net. Comme je suis incapable de parler, d’articuler, de bouger mes mâchoires ou de me concentrer pour émettre une phrase propre, elle me demande de répéter ses paroles bienveillantes. Je manque d'air, ça m'est physiquement impossible. Il me faudra 2 minutes pour retrouver mon souffle et mon calme. Soudain, un air nouveau ouvre mes poumons. Jamais je n'ai respiré comme çà, c'est incroyable et je me demande ce qui m'arrive ! Je pense au film l’EXORCISTE ; c’est tout à fait çà ! L'existence de Dieu est devant moi et en moi, dans mon corps ! Enfin, les mots peuvent sortir; je répète docilement les paroles bienveillantes de la thérapeute. Elle me demande de regarder le châtelain et Maria dans les yeux, de reconnaître et d'accepter ma double origine agricole et aristocrate. Elle me demande de cesser de n'être ni agriculteur ni artiste, de faire la paix avec les richesses de la pierre comme avec celles de la terre, de faire la paix avec mon père. Elle me demande également de faire la paix avec mes clients et de réussir ma vie professionnelle (...)
Epilogue: En avril dernier, une psychologue et fidèle cliente de ma Galerie d’Art de l’Isle sur Sorgue était étrangement persuadée d'observer dans mon travail un « problème chez les ancêtres » et « un problème avec l’argent ». La sympathie que cette dame cultivée m'inspirait tempéra mon scepticisme naturel; je l'écoutais. Jamais je ne m'étais senti concerné par ce vieux secret de famille remontant à 3 générations, soit 105 ans en 2008, 122 ans en 2025 ! Cependant, je décidais d'interroger Google et découvrais sur mon écran d'ordinateur, stupéfait, le château de Régnier-Ecluse, un véritable petit Chambord ! Puis je décidais d'écrire à l'actuel propriétaire. Courant mai, rendez-vous était pris avec le comte Mr Raymond de Nicolay. Bienveillant et curieux, il m'ouvrait les portes de son château pour m'accueillir courtoisement autour d'une tasse de thé en présence d'amis protecteurs. Il n'entendait pas grand chose à mes informations embarrassantes. J'avais été frappé par la ressemblance avec mon grand-père: même port de cheveux blancs en arrière, même grand front ridé et mêmes arcades sourcilières. Du copier-coller ! J'avais attendu l'occasion de lui dire cette ressemblance une première fois mais il semblait ne pas m'avoir entendu. Je le lui dis une seconde fois. Il avait bien entendu mais préférait poursuivre une courtoise conversation; comme si de rien n'était. Je décidais de ne pas lui dire une troisième fois. J'en oubliais de prendre des photos et nous nous quittions poliment... Je fus « amusé » d'apprendre que ce château avait été récupéré dans les années 60 complètement pillé, les portes sans serrure et les cheminées sans marbre. Les tonnes de meubles et de bibelots existants aujourd'hui avaient donc été rapportées par ses soins. Mr de Nicolay était commissaire priseur-marchand d’art et travaillait pour le compte de Pierre Berger-Yves Saint Laurent. Et mon père Denis ayant arrêté l'école à 14 ans qui collectionne les collections sans jamais avoir quitté son tracteur, sans jamais avoir lu ou voyagé ! Il doit en être à 2000 cannes, 300 objets en fer forgé, une centaine de pipes, de missels en ivoire, de vases d'église ou d'enclumes en fer forgé... Comble des origines, à la grande tablée des châtelains du moyen âge, il y avait les nobles et les vilains. Chez les vilains, il y avait le bas bout de table et le -Hautbout- ! Et mon père qui s'appelle Denis. De-Nis-Colay ! Un « de » (…) Moralité ou conclusion: prenez soin d’écouter les morts ; ils ne demandent qu’à prendre la parole ...
9-Ma sensibilité d'Aspi est un Super-pouvoir... Texte à venir
10-L'intuition: une faculté aussi précieuse que malmenée. Texte à venir
11-Vivez votre folie douce ; elle prévient la folie dure ! Texte à venir
12-Faire la paix avec soi-même, mode d'emploi. Texte à venir
13-Plus l'I.A. connait l'Etre humain, moins l'Etre humain connait l'I.A. Texte à venir
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